L’intelligence artificielle va-t-elle transformer la fonction financière ?

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ia-comptabilite-financeLa DFCG, en partenariat avec la société Yooz, est intervenue le jeudi 18 janvier 2018 sur le thème : « L'intelligence artificielle au service du pilotage et de la performance de la fonction financière » dans le cadre d’une web conférence.

Le jeudi 18 janvier 2018 s’est déroulé un webinaire proposé par la DFCG sur la question : en quoi l’intelligence artificielle peut-elle modifier la fonction financière ? On se souvient que la DFCG avait déjà proposé une conférence sur ce thème lors du Salon Financium 2017. L’enjeu est en effet de taille pour les professionnels du chiffre et de la finance, qui se doivent de prendre dans les temps le train de la robotisation.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle (IA) est omniprésente dans notre quotidien personnel et professionnel, souligne Magali Michel, Directrice de Yooz. Le sujet captive autant qu’il inquiète. Il s’est inséré dans les entreprises et notamment dans les fonctions financières.

L’IA s’invite dans nos vies avec par exemple, les assistants virtuels des téléphones mobiles qui écoutent voire devinent nos souhaits ou bien encore, les GPS qui calculent les trajets optimales sans embouteillages…

L’intelligence artificielle se distingue de l’informatique classique ou algorithmique dans le sens où la machine sort d’une démarche systématique, enfermée dans la résolution d’un problème décrit en amont par le programmeur, pour s’élever à des capacités d’auto-apprentissage. Le logiciel va apprendre, par l’exemple en puisant dans une masse de données intégrées au préalable et qu’elle continuera de digérer par la suite, de manière continue. D’où l’expression connue de « machine learning ».

L’intelligence artificielle dans l’entreprise

Selon Magali Michel, l’intelligence artificielle a en réalité pénétré le monde de l’entreprise depuis plus de 30 ans, avec les systèmes de reconnaissance automatique de documents structurés.

Ensuite, il y a une vingtaine d’années, est advenu le traitement automatisé des factures : des documents à structure variable.

Aujourd’hui, les factures dématérialisées peuvent être captées sans intervention manuelle. Puis les solutions vont prendre en compte ces documents, déclencher des circuits de validation électronique et interagir avec le système d’information de l’entreprise pour l’alimenter en écritures comptables.

L’IA ouvre les portes de l’« automatisation intelligente » selon Magali Michel. Les logiciels s’améliorent en continue. Plus encore, branchée sur le web et donc sur le Big Data, la machine peut avoir accès à un nombre incommensurable de données pour alimenter son auto-apprentissage !

Quels apports concrets de l’IA aux fonctions financières ?

L’intelligence artificielle propose de larges perspectives au monde professionnel et plus particulièrement, aux équipes financières. Ce sera par exemple la capacité à classer automatiquement toutes sortes de documents : des factures, des contrats, des relevés bancaires, des bulletins de paie… La machine peut également localiser les données sans indication préalable de l’utilisateur. Elle peut reconnaître des caractères, contrôler la pertinence de valeurs, proposer des imputations adaptées à chaque cas de figure. Elle peut signaler des incohérences ou bien encore, des fraudes…

Ainsi selon Magali Michel, l’intelligence artificielle est bel et bien en passe de transformer en profondeur la fonction financière : se dessine « un monde nouveau de la finance où les machines sont en charge des tâches répétitives, à faible valeur, comme la saisie, pour en revanche réserver l’humain sur des notions lui permettant d’exprimer sa vraie valeur, comme l’analyse, la décision et l’anticipation. »

Hugues Robert