C'est au cœur du vignoble champenois, dans le cadre prestigieux du Domaine Pommery, que l'Institut Français des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes (IFEC) a ouvert ce jeudi 9 juillet son congrès annuel. Pendant deux jours, la profession comptable s'est donné un thème sans détour : « R'Evolution : Intelligence Humaine vs Intelligence Artificielle ».
Le ton était donné dès l'ouverture du congrès de l’IFEC : que restera-t-il aux professionnels du chiffre lorsque tout ce qui peut être automatisé le sera ? Plutôt que de céder à l'inquiétude, les organisateurs ont choisi d'affirmer une conviction : le discernement, la créativité et la capacité à inspirer confiance ne s'automatisent pas. Célia Méro, vice-présidente de l'IFEC, résumait ainsi l'ambition du rendez-vous : « pendant deux jours, à Reims, la profession ne regarde pas le changement : elle le conduit».
Quand l’IA automatise, l’humain analyse
L'intelligence artificielle n'est plus une vague promesse futuriste, elle fait désormais partie intégrante du quotidien des cabinets. Elle accélère les processus, analyse les données et automatise les tâches répétitives. Mais face à cette transition technologique majeure, la réponse de l’IFEC est limpide et tient en un mot : l’Humain.
Florent Burtin, vice-président du CNOEC a d'ailleurs rappelé avec force cette frontière essentielle : « les algorithmes produisent des réponses. Les professionnels inspirent la confiance. Et dans un monde où tout s’accélère, cette différence devient notre plus grande force ».
Invitée au congrès, la philosophe Julia de Funès recentrait le débat ainsi : « comprendre les comportements, accompagner les transformations et révéler les potentiels : l'innovation la plus décisive reste celle qui commence par les femmes et les hommes ».
Des leaders d’opinion pour guider la transformation
Pour mener à bien cette mutation, le congrès a réuni des intervenants de premier plan venus partager leur vision. Charles Gorintin, cofondateur de Mistral AI et président d'ALAN, a notamment insisté sur la portée sociétale de cette évolution : « créer l’intelligence artificielle européenne n’est pas un projet technologique, c’est un projet de société ». Une vision d'une innovation souveraine et profondément humaine qui résonne parfaitement avec les ambitions de la profession.
De son côté, Damien Charrier, président du CNOEC, a salué l'audace des professionnels face à ces mutations : « transformer une profession exige du courage, mais surtout de la vision ». Il a ainsi ouvert la voie à une profession résolument tournée vers l'innovation, sans pour autant renier ses valeurs fondamentales.

L'avenir ne s'attend pas, il se teste sur le terrain
Loin des grands discours théoriques, ce congrès s'est distingué par son approche ultra-pratique. Les rapporteurs de l'IFEC ne se sont pas contentés d'observer l'avenir : ils l'ont testé et confronté au terrain depuis des mois. À travers des ateliers interactifs, les participants ont pu manipuler l'IA, en mesurer les limites et en découvrir les opportunités concrètes pour leur quotidien.
L'objectif affiché par l'organisation est clair : donner des clés immédiates aux cabinets de toutes tailles pour qu’ils puissent transformer l’ambition en impact durable. L'audit de demain se construit dès aujourd'hui, entre expertise, transmission et responsabilité.
L'art de l'assemblage sous le signe de la Champagne
Pour prolonger la réflexion et favoriser le réseautage, l'IFEC, qui compte plus de 4000 adhérents, a choisi le cadre prestigieux des grandes maisons de Champagne de la région rémoise. Des moments d'échange d'exception organisés chez Pommery, au Domaine Comtesse Lafond, et chez Veuve Clicquot. Un choix de lieu qui n'a rien d'un hasard, comme l'a souligné l'organisation : le champagne est le fruit d’un assemblage, tout comme le seront les réussites de demain, nées de l’alliance parfaite entre l'intelligence artificielle et l'intelligence humaine.
En définitive, le congrès de Reims s'inscrit dans une année marquée par les grands chantiers du secteur, tels que la généralisation de la facturation électronique et la transformation numérique des cabinets. Des bouleversements qui donnent tout son relief à la conclusion de Célia Méro : « Le futur n'attend pas. Il convoque ceux qui veulent le construire ».
Samorya Wilson
